Penser positif +++

Dès 1907, Hippolyte Bernheim, professseur de médecine et neurologue français qui deviendra le fondateur de la psychothérapie, avance le concept d’idéodynamisme, selon lequel « toute idée suggérée tend à se faire acte ».
A sa suite, Emile Coué considère que toute idée qui se grave dans notre esprit tend à devenir une réalité dans l’ordre du possible. « Si étant malade, nous nous imaginons que la guérison va se produire, celle-ci se produira si elle est possible. Si elle ne l’est pas, nous obtiendrons le maximum d’améliorations qu’il est possible d’obtenir ». De plus, s’il nous arrive souvent de faire ce que nous voulons, c’est que nous pensons en même temps que nous pouvons. Cette imagination est en fait l’inconscient de l’individu conçu comme une ressource qu’il faut utiliser à bon escient en y répandant des idées positives. L’expression « méthode Coué » restera certes dans le langage, mais avec ce subtil désaveu qu’il s’agit d’un déni de la réalité…
Et pourtant, les avancées scientifiques sur la compréhension des mécanismes pathologiques vont au fur et à mesure mettre en avant l’influence de notre état d’esprit sur notre santé. Nous savons aujourd’hui que nous avons ce pouvoir incroyable de nous rendre malades, de déclencher des symptômes physiques suite à des traumatismes psychologiques ou à des contrariétés. Et cela va même plus loin : à chaque fois que nous pensons à quelque chose de triste du passé, notre corps le revit au présent, re-déclenchant les mêmes mécanismes physiologiques. Idem pour les angoisses liées au futur, le corps le vit dans le présent, comme une réalité. La langue française garde d’ailleurs des traces de ce savoir inné, comme dans « se faire de la bile » par exemple.
On comprend alors l’importance de l’ « ici et maintenant », fer de lance du taoïsme, de la méditation, etc…
Mais ce n’est pas tout. Car si les pensées négatives ont une force infinie, il en est heureusement de même pour les pensées positives. En cela réside la force de notre esprit. C’est ce qui faisait dire à Jacqueline Bousquet, chercheuse au CNRS: « Ce que nous pensons s’exprime en nous et autour de nous ».
Le problème c’est qu’à cette force grandiose, nous avons donné le petit nom d’ « effet placebo », seulement mis en avant lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action chimique d’un médicament, alors que son action intervient dans tous les cas de figure, y-compris sur des molécules chimiques. Des expérimentations ont ainsi démontré qu’un médicament pris à l’insu du patient a moins d’effet sur le corps que s’il est pris consciemment, et que son effet dépend également non seulement de la croyance en son pouvoir, mais également de la conviction du médecin ou du prescripteur… Ou dans un autre genre, cette expérience où des personnes enfermées dans un camion frigorifique finissent par manifester des symptômes d’hypothermie, alors que le moteur n’est pas en marche.
Voici de quoi nous alerter sur ce qui circule dans notre tête, car tout ce que nous pensons est une forme de programmation de nous-même. Et dans un langage basique +/-, car c’est tout notre système nerveux autonome qui est construit sur ce modèle: l’orthosympathique gère le stress, le parasympathique la relaxation.  C’est sans doute ce qui fait dire dans les pratiques énergétiques que ce mécanisme ne comprend pas les subtilités de notre langage comme la double négation par exemple: « j’espère que je ne vais pas tomber malade », le message reste « tomber malade », d’où l’importance d’une formulation positive, du style « j’ai toutes les ressources en moi pour rester en bonne santé ».
De quoi écarter de ses oreilles également, tous les pronostics négatifs à notre encontre, même s’ils viennent de « professionnels », car dans de nombreux cas, de tels propos mettent en évidence au mieux un manque de formation continue dans leur secteur, au pire une satisfaction à la condamnation de l’être humain (référence est faite ici aux pronostics morbides qui nous sont donnés chaque jour sur tel pourcentage de la population qui aura telle ou telle maladie). N’oublions pas que la notion « d’irréversible » n’est qu’un jugement humain, dans un état ponctuel ou subjectif de connaissances, et que la science progresse tous les jours.
bienmieuxapres : tout est possible!
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